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Crise de l’électricité en Afrique : quelles solutions?

Publiée le 16 mai 2013

Malgré une abondance des ressources énergétiques, l’Afrique demeure le continent qui consomme le moins d’énergie par habitant au monde alors même que la demande ne cesse d’augmenter

Crise de l’électricité en Afrique : quelles solutions?

Malgré une abondance des ressources énergétiques, l’Afrique demeure le continent qui consomme le moins d’énergie par habitant au monde alors même que la demande ne cesse d’augmenter. Elle abrite en effet 80% du 1,5 milliard de personnes vivant sans électricité dans le monde. Ainsi, seul un Africain sur quatre a accès aux sources d’énergie comme l’électricité, les zones rurales étant les moins bien loties avec 8% seulement d’habitants reliés au réseau. Ces problèmes d’insécurité énergétique en Afrique risquent, selon certains experts, de s’aggraver si les gouvernements concernés ne l’intègrent pas très vite dans leur stratégie de développement. C’est entre autres, pour cette raison que la Banque Africaine de Développement (BAD) s’est engagée depuis quelques années dans une politique de mobilisation des États africains en les encourageant à mettre sur pied des projets intégrateurs.

En effet, la BAD comme beaucoup d’autres institutions sur le continent, prônent l’intégration régionale dans ce domaine de l’hydroélectricité. Pour eux, si les pays de l’Afrique centrale très riches en ressources énergétiques se mettaient ensemble afin de vendre leurs ressources, ils seraient aujourd’hui de grands exportateurs. La BAD encourage donc les États riches en ressources énergétiques à établir une interconnexion avec leurs voisins qui souffrent d’une crise d’énergies, en s’appuyant sur le secteur privé. Ce qui permettrait, selon elle, à l’ensemble des Africains de bénéficier des retombées économiques des exportations de ces ressources. Plus concrètement, pour amener les pays africains à plus de coopération régionale, la BAD a par exemple contribué financièrement à la mise en place, à hauteur de 220 millions de dollars, d’un projet d’interconnexion des réseaux électriques sur lequel travaillent cinq pays : la République Démocratique du Congo, le Kenya, l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi. L’objectif de ce projet est de construire et réhabiliter les lignes des systèmes d’interconnexions électriques de ces pays afin d’augmenter le commerce d’énergie et d’électricité transfrontalière et de renforcer la stabilité et la sécurité de leurs systèmes ainsi que la flexibilité des opérations de leurs réseaux d’interconnexion.

Mais malheureusement, il semblerait que cette coopération a du mal à se faire, car certains pays qui ont d’énormes ressources hydroélectriques ont quelques réticences à partager avec leurs voisins. Cependant, il existe des pays comme la République Démocratique du Congo qui ont commencé à travailler sur cette question avec les pays de l’Afrique de l’Est par exemple, ou encore l’Ouganda qui partage ses ressources avec le Soudan qui a beaucoup de pipe-lines mais pas de pétrole.

Par ailleurs, selon certains experts, le transport de l’énergie hydroélectrique sur de grandes distances sur le continent n’est pas réaliste et que plus qu’une coopération régionale dans ce domaine, l’Afrique a surtout besoin d’un système décentralisé. D’où la solution des énergies renouvelables qui seraient, selon eux, la clé de ces problèmes énergétiques. Mais à cela, d’autres répondent que les énergies renouvelables ne pourraient pas être la seule solution, car d’une part, l’Afrique n’en possède pas suffisamment et d’autre part, cela exige, pour sa mise en place, un projet d’envergure, notamment  lorsqu’un pays doit répondre (ce qui est le cas de beaucoup de pays africains aujourd’hui) à une demande nationale très forte.

 



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